À l’approche des échéances, les promesses se multiplient. C’est justement dans ces périodes qu’il faut rester vigilant : bien lire, vérifier, et surtout distinguer ce qui est annoncé de ce qui est réellement prévu.
Vous avez peut-être reçu un prospectus de l’actuel maire. Il y affirme avoir entendu les inquiétudes des habitants de Réau et annonce vouloir réduire de moitié le nombre de logements… mais uniquement sur l’ancienne zone Bouzygues qui ne couvre qu’une petite partie du projet global qu’il souhaite.
Sur le papier, cela peut paraître rassurant. Mais plusieurs points posent problème.
1) Une promesse sans chiffre clair
Le prospectus parle d’une réduction « de moitié », sans jamais donner de nombre.
Or, depuis la réunion publique du 10 février 2025, il est systématiquement évoqué un projet d’environ 700 logements à Réau — ce qui reviendrait quasiment à doubler le nombre de logements actuels (environ 701 sur la commune).
Donc la question est simple : si on réduit “de moitié”, de combien parle-t-on exactement ? Pourquoi ce résultat simplissime n’est pas inscrit sur le prospectus du maire ?
2) « Zone Bouzygues » : une partie seulement du projet
Car ce prospectus met en avant uniquement l’ancienne zone Bouzygues et non le périmètre global.
Cette zone ne représente qu’environ 5 hectares, lorsque le projet global envisagé couvre près de 18 hectares (17,8 hectares).
Autrement dit : la promesse ne concerne qu’une petite partie du projet, pas l’ensemble.

Et c’est ainsi qu’aucun nombre ne ressort de ce prospectus : la tromperie porte sur le périmètre qui influe directement le nombre de logements en réduction.
3) Que représente une réduction de logements de « la moitié » sur cette zone Bouzygues ?
Le maire s’appuie sur la convention d’intervention foncière, document local, datant de 2009 (souvent citée) qui parle d’une densité de 35 logements par hectare.
Sur 5 hectares, cela donne :
- 35 × 5 = 175 logements (théoriquement)
- « Diviser par deux », ce serait donc 87 logements
- soit 88 logements en moins sur cette zone
Donc oui, sur cette petite partie, cela représente une baisse… mais cela ne dit rien du reste du projet.
4) Est-ce réellement une réduction de logements par rapport au contexte régional ?
Un point essentiel : contrairement à la convention locale de 2009, ce sont les documents de planification au-dessus de la commune (SDRIFe, SCoT) qui encadrent réellement les grandes orientations d’aménagement et les densités dans le cadre de ces projets.
Dans ce type d’opération, ils retiendraient une densité d’environ 45 logements par hectare.
Sur l’ensemble des 17,8 hectares, cela donnerait :
- 17,8 × 45 = 801 logements
Si l’on enlève l’effet de la promesse sur Bouzygues (–88), on obtient :
- 801 – 88 = 713 logements
Ce chiffre parle de lui-même : on reste dans l’ordre de grandeur des 700 logements.
Conclusion : une promesse qui change peu la réalité
Au final, la promesse est surtout une promesse de périmètre : elle joue sur les mots et sur une zone limitée, mais le projet global reste quasiment le même.
On affirme entendre les habitants… mais dans les faits, le projet reste et est massif.
Qu’affirmons-nous de notre côté ?
Les grandes orientations d’aménagement, lorsqu’elles sont correctement interprétées, ne prévoient qu’un objectif de 91 logements à Réau d’ici 2040, bien loin des 700 logements évoqués.
La pression financière, souvent mise en avant par le maire sous prétexte de l’achat des terrains, est infondée. En réalité, il s’agit d’une série d’erreurs de procédures répétées depuis 2021, par suite d’une tentative du maire de relancer un projet de densification disproportionné, déjà rejeté par l’État en 2018.
Ces erreurs, ainsi que le refus systématique de dialogue de la part du maire sortant – dissimulant potentiellement des situations de conflits d’intérêts –, m’ont amenée à signaler ces faits au Préfet, en ma qualité de conseillère municipale informée de ces irrégularités.
Face à cette situation imposée, il est essentiel de me protéger tout comme il en va de mon devoir, et de celui de l’équipe que je représente, de défendre ce territoire que nous partageons et qui suscite tant de convoitises aux alentours.
Élodie Arzur










